Fragments de la Colombie photographiée, 1848-1997

Fragments de la Colombie photographiée, 1848-1997

Henri Lehmann, "San Agustin. Statue anthropomorphe", 1966, tirage sur papier baryté,PP0040555

Du 13 juillet au 29 octobre 2017

Ce nouvel accrochage permet de constater l’abondance des échanges historiques entre la France et la Colombie à travers les images de plusieurs photographes historiques comme Paul Beer, ainsi qu’un éclairage sur des productions plus contemporaines, de Hernán Díaz et de Juan Manuel Echavarria.

La photographie s’implante rapidement en Colombie au 19ème siècle. Dès novembre 1841 le peintre et miniaturiste colombien Luis Garcia Hevia expose des essais de daguerréotypes à Bogota. Dans la même ville le Baron Gros réalise en 1842 plusieurs daguerréotypes de grande qualité. Les premiers studios colombiens de Garcia Hevia et de l’américain Bennet sont en activité à partir de 1848.
Au début du 20ème siècle des voyageurs européens comme Eugène Robuchon ou Jules Crevaux mènent des explorations qui donnent lieu à photographies. La pratique se diversifie dans les années trente et à la fin de la décennie Paul Beer accompagne Félix di Giovanni en exploration de la région de l’Orénoque et l’est du pays. Il en ramène de nombreuses images, dans le droit fil des usages anthropologiques de la photographie. Les liens étroits entre la Colombie et le scientifique Paul Rivet sont renforcés lors de l’exil de celui-ci dans le pays entre 1941 et 1944. A Bogota, Rivet participe activement à la formation d’une première génération d’anthropologues. Il encourage plusieurs missions de recherche et de collecte. Les photographies de Gerardo Reichel-Dolmatoff, Juan Friede, Henri Lehmann témoignent de cet élan. On retrouve dans les images certaines figures historiques comme Gregorio Hernandez de Alba, et au dos des tirages les noms de photographes qui ont participé à ces prises de vue comme Lindner et Estrella.

La collection photographique du musée permet de constater l’abondance des échanges historiques entre la France et la Colombie. Cette installation en donne quelques exemples fragmentaires, ainsi qu’un éclairage sur des productions plus contemporaines, comme les images de Hernán Díaz et celles de Juan Manuel Echavarria. L’extrait de l’œuvre Corte de Florero opère un retour métaphorique vers les usages scientifiques de la photographie, à la croisée de l’optique et du dessin.

Cette installation s’inscrit dans le cadre de la programmation de l’année croisée France Colombie 2017.

Vue de la boite arts graphiques, "Fragments de la Colombie photographiée, 1848-1997"

© © musée du quai Branly - Julien Brachhammer